Triptych

Triptych (2013, réalisé par Pedro Pires et Robert Lepage)

 

Triptych est l’adaptation cinématographique de la pièce de 9 heures de Robert Lepage intitulée Lipsynch. Ce film présente trois protagonistes interconnectés : Michelle et Marie, deux sœurs d’âge mûr, et un neurochirurgien allemand du nom de Thomas. Comme le titre l’indique, le film offre trois parties distinctes mais connectées, respectivement au sujet de Michelle, de Thomas et de Marie. Chacun des trois personnages apparaît dans la première et la troisième parties ; le deuxième implique seulement Thomas et Marie.

 

Les deux premières parties sont assez sombres. Michelle travaille dans une librairie de livres de seconde main à Québec. Elle souffre de schizophrénie, et semble enchaîner les séjours à l’hôpital. A la fin de cette partie du film, elle fait une tentative de suicide ; je pensais qu’elle en était morte jusqu’au moment où elle est réapparue dans la troisième partie du film. La deuxième partie s’intitule « Thomas », mais elle concerne aussi profondément Marie. Marie est une chanteuse de jazz, basée à Montréal mais performant à Londres. Elle présente des symptômes qui la poussent à consulter un neurochirurgien. Thomas la diagnostique d’une tumeur au cerveau, qui, bien que bénigne, va temporairement la rendre aphasique. Thomas, lui aussi, a quelques problèmes : ses mains se mettent à trembler, ce qui pourrait être lié à sa consommation excessive d’alcool. Il est marié à une professeure de chant, ce qui ne l’empêche pas, avant la fin de cette partie du film, d’entamer une relation clandestine avec Marie. L’ambiance du film change dans la troisième partie. Marie travaille comme doubleuse pour des dessins animés ou des films, et dirige une chorale de personnes aphasiques. Michelle, semble-t-il, a survécu. Elle quitte l’hôpital et retourne à son écriture et à son emploi dans la librairie, encouragée par un jeune client envers lequel elle s’est prise d’un amour maternel. Marie et Thomas se marient, les deux sœurs se réconcilient d’une manière ou d’une autre avec leur enfance et la mort de leur père, et un fragile optimisme prend place.

 

L’intrigue n’est pas liée de manière explicite au catholicisme ou à la religion. Pourtant, certaines scènes se déroulent dans des églises, et une conversation porte sur la chapelle Sixtine, dont une section, affirme Thomas, a les contours exacts du cerveau humain. Une partie significative de la musique du film est du chant choral liturgique chrétien, comme par exemple que le Miserere d’Allegri, et une scène montre Thomas s’imaginant lui-même dans la peinture du doute de Thomas de Caravaggio, en train d’avancer son doigt dans la plaie ouverte sur le côté de Jésus.