La Turbulence des fluides

La Turbulence des fluides (2002, réalisé par Manon Briand)

 

Ce film met en scène une variante de désastre écologique, voire, probablement, d’une pré- ou quasi-apocalypse, en ce qu’elle raconte une mystérieuse interruption du flux des marées dans le fleuve Saint-Laurent à proximité de Baie-Comeau au Québec. Le personnage principal est Alice Bradley, une séismologiste originaire de Baie-Cormeau désormais établie au Japon. Son équipe de recherche du Japon a établi qu’une telle interruption laisse présager un tremblement de terre majeur. Alice se rend à Baie-Comeau pour étudier le phénomène, et, si possible, sauver la population du potentiel désastre. Peu après son arrivée, elle rencontre Marc Vandal, un pilote local dont l’épouse est décédée peu de temps auparavant lors d’un accident d’avion. Le film retrace les efforts d’Alice pour comprendre et éclaircir le mystère ainsi que, simultanément, le développement de sa relation avec Marc – deux intrigues qui convergent de manière inattendue à la fin du film.

 

Ce film ne présente pas de thèmes ou d’images ouvertement religieux ; bien qu’il soit toujours tentant d’interpréter un film (quasi-)apocalyptique comme celui-ci en termes religieux, celui-ci ne donne pas de bases suffisantes pour une lecture religieuse. Il s’y trouve cependant une importante exception : une longue séquence se déroule dans un couvent dans lequel les religieuses, qui ont pris l’habitude d’étudier le flux des marées, ont un instrument qui aide Alice et ses assistants à comprendre un petit peu mieux ce qui arrive au fleuve. Il n’y a pas de tension particulière entre les scientifiques laïques et les religieuses. Les premiers sont respectueux, et les dernières heureuses de rendre service. Cette séquence, dans son ensemble, semble prendre en compte l’histoire de la région, ainsi que les manières inattendues dont les institutions religieuses se sont engagées dans la vitalité des communautés, non seulement du point de vue spirituel mais aussi du point de vue géographique.