Je me souviens

Je me souviens (2009, réalisé par André Forcier)

 

Ce film se déroule dans la région minière de l’Abitibi, au Québec, en 1949, lorsque Maurice Duplessis était premier ministre de la province. Le contexte général concerne une élection syndicale, mais le film porte aussi sur la vie des individus, notamment celle des candidats à la direction du syndicat. L’intrigue du film concerne une jeune femme, Mathilde, dont le mari meurt la nuit de la Saint-Valentin. Les villageois pensent, à tort, que Mathilde l’a tué. Afin de punir les deux femmes à l’origine de la rumeur, elle séduit leurs maris, les deux dirigeants syndicaux, et s’en trouve enceinte. Arrive alors un exilé politique irlandais, Liam Hennessy, qui vend des tickets de loterie et s’établit dans le village. Il devient l’instituteur de la turbulente fille de Mathilde, Némésis, qui, pourtant hostile et incontrôlable, se met à l’étude du gaélique. Le film se termine en Irlande, où Liam est retourné, et où il est suivi par Némésis, Mathilde et Louis, le probable demi-frère de Némésis.

 

Selon le réalisateur, ce film s’efforce de présenter la lente mais inévitable progression de la société vers la Révolution tranquille. Les villageois sont présentés de manières complexes, alors que la relation entre Duplessis et son conseiller, Monseigneur Madore, est présentée avec une ironie représentative des hypocrisies de l’époque Duplessis. Les deux hommes s’opposent fermement à la formation d’un syndicat qui imposerait de plus hauts standards aux propriétaires miniers, d’une manière qui se reflète aussi dans les tentatives du curé du village d’influencer le vote des orphelins qui travaillent dans la mine.