Introduction

Soutanes et sacrements : L’Église catholique dans les longs-métrages québécois depuis la Révolution tranquille

On entend souvent que la Révolution tranquille québécoise des années 1960 a brusquement mis terme à l’hégémonie catholique multiséculaire sur la culture et la société québécoises. Il en était fini du contrôle par l’Église catholique des principales institutions sociales telles que le système de soins de santé et celui de l’éducation ; de même, l’Église avait perdu son statut d’arbitre de la moralité, de la propriété et du droit dans des domaines tels que ceux du mariage, du divorce, de la sexualité ou encore de la censure cinématographique. Pourtant, le catholicisme n’a pas disparu de la société québécoise après la Révolution tranquille, pas plus que les symboles catholiques n’ont disparu de la vie publique. La croix dressée au sommet de Mont-Royal est encore aujourd’hui un symbole de Montréal, et un crucifix est encore accroché au mur de l’Assemblée nationale, sous prétexte qu’il s’agit d’un symbole culturel plutôt que religieux.

 

Le catholicisme tient dès lors un rôle ambigu et fortement controversé au sein de la société québécoise, ce dernier étant perpétuellement renégocié à la fois au niveau structurel social et à celui de la vie de l’individu. Cette négociation se réalise à de multiples niveaux, de l’espace privé du domicile à celui, public, de l’Assemblée nationale, et ce à travers toutes sortes de médias imprimés, radiodiffusés ou électroniques. Le cœur du problème concerne la question très sensible de la conservation du « patrimoine » québécois – dans lequel le catholicisme est profondément ancré – ainsi que des méthodes employées pour cette conservation, tout en conservant les valeurs de laïcité et les modes de vie de la société et de la culture québécoises au lendemain de la Révolution tranquille.

 

Le grand écran constitue l’un des théâtres centraux de cette négociation. De nombreux films fictionnels québécois mettent en scène des églises, des membres du clergé, des rites et rituels, les écritures, des liturgies, dogmes, pratiques, et valeurs ; en outre, ils dépeignent des relations et des intrigues centrées sur les tensions entre catholicisme et laïcité.

 

Ce blogue occasionnel proposera des réflexions sur ces films québécois en portant une attention toute particulière sur leurs représentations et leurs postures à l’égard du catholicisme. Les commentaires et les recommandations de films sont les bienvenus !

 

Le soutien du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada est vivement apprécié.

 

Adele Reinhartz est Professeur au sein du Département d’études anciennes et de sciences des religions de l’Université d’Ottawa, au Canada. Ses domaines principaux d’enseignement et de recherche sont le Nouveau Testament, les premières relations judéo-chrétiennes, et la religion en rapport avec le cinéma. Adele a été élue au sein de la Société royale du Canada en 2005 et à l’American Academy of Jewish Research en 2014.

 

Les livres d’Adele au sujet du cinéma incluent :

The Bible and Cinema: An Introduction.  Londres : Routledge, 2013.

The Bible and Cinema: 50 Key Films. Londres : Routledge, 2013.

Jesus of Hollywood. New York : Oxford University Press, 2007.

Scripture on the Silver Screen. Louisville, KY : Westminster John Knox Press, 2003. 

 

Pour la liste des autres livres d’Adele, ainsi que de ses articles et pour d’autres informations, veuillez consulter www.adelereinhartz.com.