Contre toute espérance

Contre toute espérance (2007, réalisé par Bernard Émond)

 

Ce film est le deuxième de la trilogie théologale de Bernard Émond, qui se concentre, comme son nom l’indique, sur le thème de l’espérance. En d’autres mots, il porte sur ce qui peut arriver quand les circonstances font que tout espoir est abandonné. Dans ce film, un couple, Réjeanne et Gilles, semblent tout avoir : des emplois décents, une nouvelle maison avec un jardin édénique, et, surtout, un mariage heureux. C’est alors qu’en un clin d’œil, la chance tourne. Une nuit, Gilles s’évanouit dans la salle de bain à la suite d’un AVC. Mais avec des soins, et grâce à l’aide et à l’immense patience de son épouse, Gille récupère sa mobilité, ainsi que l’essentiel de ses capacités vocales. Mais ensuite, il fait un deuxième AVC, et l’emploi d’opératrice téléphonique de Réjeanne lui est retiré en raison de restructurations : tous deux doivent vendre leur maison. Bien que Réjeanne trouve un nouvel emploi dans une entreprise de restauration, tous deux se laissent atteindre par le désespoir même si leur amour reste intact. Les événements empirent : Gilles se suicide et Réjeanne est accusée de son meurtre. On le savait depuis le début du film, étant donné que l’action de l’intrigue principale est ponctuée de scènes dans lesquelles Réjeanne et divers témoins sont interrogés au sujet des événements ayant mené à la mort de Gilles. La nuit de la mort de ce dernier, Réjeanne était allée chez son ancien employeur et avait tiré avec la même arme que celle utilisée par Gilles pour se suicider. La scène avait été filmée par les caméras de surveillance. À la fin, cependant, tous les témoignages ayant insisté sur les sentiments amoureux au sein du couple et sur le bon caractère de Réjeanne, les poursuites à son égard sont abandonnées.

 

En contraste avec La Neuvaine, il n’y a que peu de contenu explicitement religieux dans ce film. Il y a peu de cas dans lesquels du langage religieux est utilisé. Quand le couple visite pour la première fois la maison qu’il finit par acheter, le propriétaire décrit le jardin comme un paradis, et en effet, ce jardin semble l’être, de même qu’un lieu de paix et de tranquillité pour Gilles en particulier. Quand Réjeanne est détenue en raison des suspicions d’assassinat qui pèsent sur elle, un[e][LD1]  ami[e] proche la décrit comme une sainte pour avoir pris soin de son mari pendant sa maladie. Ces petites références n’auraient pas existé si ce n’était en lien avec le titre du film et avec la place de celui-ci dans une trilogie théologique.

 

Il y a deux scènes, cependant, qui rappellent les thèmes religieux de la trilogie dans son ensemble. Dans une brève scène, après le premier AVC de Gilles, Réjeanne entre dans une basilique quasiment vide, et prie. Et, surtout, Dieu est invoqué dans la scène finale. Après l’abandon des accusations pesant sur Réjeanne, le[/la][LD2]  détective l’assure que rien de ce qui est arrivé n’est de sa faute. Réjeanne reste dans la chambre qu’elle a occupée dans l’aile psychiatrique de l’hôpital, et parle pour la première fois depuis que les accusations à son égard ont été déposées : « Mon Dieu, aide-moi ». Il est probable que le film suggère de cette manière que quand tout espoir a disparu, le seul recours est de se tourner vers Dieu en l’appelant à l’aide.

 [LD1]Not sure – is the friend a woman or a man?

 [LD2]Same here.